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Thérèse de Lisieux : Quand l'ordinaire devient extraordinaire



La suite et la fin de l'histoire de Sainte Thérèse de Lisieux. Une jeune femme ordinaire ? Une chrétienne extraordinaire, devenue l'une des saintes les plus connues de toute l'histoire…



(aujourd’hui la suite de l’histoire de Thérèse que j’ai commencé à te raconter la dernière fois)


Au bras de son père Louis, c’est le 9 avril 1888 qu’elle fait enfin son entrée au Carmel !


L’apprentissage de la vie religieuse commence alors pour elle : Chaque journée est ponctuée par les offices et la messe, et par deux heures de prière silencieuse qu’on appelle l’oraison.


C’est-à-dire un cœur à cœur avec Jésus. C’est le moment le plus important de la journée pour Thérèse, parce qu’elle est seule avec Celui qui l’aime et qu’elle aime avec passion.


Les repas sont pris au réfectoire, ils se font en silence pendant qu’une soeur lit des textes de l’histoire sainte. Chaque religieuse a aussi des tâches quotidiennes à effectuer, et c’est en fin de journée que les sœurs peuvent se retrouver entre elles dans la seule pièce chauffée du couvent, pour un temps de détente et de discussion entre elles.


La nuit, Thérèse se retrouve seule dans une petite chambre qu’on appelle une cellule. C’est là qu’elle va passer beaucoup de temps à travailler et à prier dans la solitude. C’est un moment qu’elle aime beaucoup.


Thérèse est heureuse, même si la vie religieuse est austère. Elle est faite de difficultés qui font l’éducation de chacune. Il faut se lever très tôt, la nourriture est très pauvre.


Et la vie en commun avec les autres religieuses n’est pas tous les jours facile. Il faut s’accommoder avec des femmes qui sont très différentes selon leur âge, leur caractère, leur éducation. Certaines ne sont pas tendres avec une novice si jeune et si sensible. Thérèse souffre de certaines d’entre elles. Même si ces sœurs, Pauline et Marie, vivent dans la même communauté, elle est déjà traitée en adulte et ne fait l’objet d’aucun traitement de faveur.


Le 10 janvier 1889, c’est enfin le jour de la prise d’habit pour Thérèse, une étape très importante qu’elle vit comme des fiançailles avec Jésus. Elle se prépare longtemps à cette grande journée dans la prière. Thérèse qui aime beaucoup la neige forme un vœu : qu’il neige le jour de sa prise d’habit !


Le jour de la cérémonie est arrivé, elle est très heureuse et fière d’être conduite au bras de son père vers l’autel, comme une mariée. Elle est habillée d’une belle robe de velours blanc garnie de dentelles. En regagnant sa cellule, elle voit avec joie que son vœu a été exaucé : il s’est mis à neiger !


Peu après, la santé de Louis Martin, son père, commence à donner des signes de faiblesse. C’est une grande souffrance pour Thérèse de ne pouvoir vivre à ses côtés pour le soigner.


Thérèse apprend la vie en communauté. Elle apprend à aimer ses sœurs comme Jésus les aime, et c’est parfois difficile d’accepter les défauts des autres. Par exemple, la sœur assise à côté d’elle pendant l’oraison a des tics (manières ?) qui la dérangent. Thérèse décide de tout offrir à Jésus et de ne rien dire.


C’est pareil avec une autre sœur que Thérèse trouve particulièrement désagréable. C’est pourquoi, quand elle la croise, elle s’efforce de lui faire à chaque fois son plus beau sourire. Bientôt, cette sœur finit par penser que Thérèse l’aime beaucoup, elle devient elle-même beaucoup plus agréable !


Thérèse rend service, elle accompagne tous les jours une sœur très âgée qui a du mal à regagner seule sa cellule. Au quotidien, Thérèse pratique toutes ces petites vertus ordinaires qui font d’elle une sainte si extraordinaire !


Après la prise d’habit, la prochaine étape est celle de prononcer des vœux définitifs. Thérèse est toujours aussi pressée d’être entièrement consacrée à Dieu, mais elle doit attendre d’avoir passé 17 ans, en septembre 1890, pour prononcer les vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance.


Le jour de sa promesse, si rare pour une femme aussi jeune, toute la communauté est si heureuse que presque tout le monde pleure d’émotion.


Thérèse est maintenant définitivement mariée à Jésus qu’elle considère comme son époux céleste. Elle l’appelle Mon Bien-aimé.


En 1894, Louis Martin s’éteint paisiblement. Céline, la seule des sœurs de Thérèse qui était restée à la maison pour s’occuper de lui, va rejoindre le Carmel quelques mois plus tard.


Thérèse s’épanouit dans sa vie religieuse. Elle fait l’admiration de tous pour les services qu’elle rend, même si elle est si discrète que la plupart de ses bonnes actions ne sont pas connues. On l’aime aussi pour sa grande piété comme pour sa gaieté : pendant les récréations, elle est capable de raconter des histoires drôle à faire mourir de rire !


Un jour de fête, Thérèse écrit une pièce de théâtre sur Jeanne d’Arc dont elle interprète le rôle, celle dont elle dit parfois qu’elle est sa sœur au ciel.


Les religieuses ont remarqué qu’elle a beaucoup de talent pour écrire des poésies d’amour à Jésus. La supérieure du couvent lui demande alors d’écrire aussi ses souvenirs d’enfance.


C’est pour Thérèse l’occasion de voir à quel point Jésus est présent à ses côtés depuis toujours. Elle écrit des lignes entières qui expriment toute la simplicité et la profondeur de l’amour de Jésus pour elle comme pour tous.


C’est quelque chose de nouveau car à son époque, on parlait plus d’un Dieu juste qui faisait un peu peur. Pour Thérèse, la justice de Dieu, c’est la miséricorde, c’est-à-dire l’amour et le pardon. C’est la voie de l’amour, la voie de Thérèse qui dit un jour :


- Ma vocation, c’est l’amour !


Thérèse vit dans son carmel retirée de la société, et pourtant elle s’intéresse au monde entier et particulièrement aux missionnaires. Elle échange régulièrement avec un prêtre en Afrique et un autre en Chine. Elle dit qu’ils sont devenus ses « frères spirituels ».


À travers la vie religieuse quotidienne, ses services pour les autres sœurs particulièrement pour les plus jeunes dont elle a la charge, ses lettres aux missionnaires, Thérèse grandit en amour pour Jésus.


Sa santé n’a jamais été excellente. Un Jeudi Saint, alors qu’elle vient de méditer sur l’agonie du Christ, elle se sent touchée par la maladie. Elle a mal à la poitrine, elle tousse et crache du sang.


Le lendemain, la maladie n’est pas passée, Thérèse en comprend la gravité. C’est le Vendredi Saint, le jour où on célèbre la mort de Jésus. Elle accueille ce nouveau signal du Ciel et de sa proximité avec Jésus dans la joie.


Thérèse est atteinte par la tuberculose, une maladie des poumons qui, de son temps, était mortelle, avant qu’on trouve les vaccins qui permettent aujourd’hui d’en guérir.


Cette maladie va la ronger pendant de nombreux mois et Thérèse, qui a compris que la mort se rapproche chaque jour, se réjouit que Dieu vienne si vite la chercher.


Elle écrit encore. On rassemblera tous ses textes dans un des ouvrages les plus beaux et les plus lus depuis : Histoire d’une âme.


Souvent, Thérèse écrit directement à Jésus pour lui dire tout son amour. Ses textes sont d’une telle sagesse qu’ils ont été reconnus par l’Église : le pape Jean Paul II a proclamé Thérèse docteur de l’Église, c’est une distinction qui, dans toute l’histoire, n’a été donnée qu’à trois femmes seulement !


Pourtant, quand la maladie s’acharne, Thérèse connaît des moments de difficulté dans sa foi. La joie est partie. C’est ce qu’on appelle la nuit de la foi, qu’ont rencontré les plus grands saints. Mais elle apprend à accepter ses doutes et à surmonter sa tristesse.


Thérèse est de plus en plus malade. Elle crache souvent du sang, elle brûle de fièvre tous les soirs, elle est si faible qu’elle ne quitte plus l’infirmerie du couvent. Mais avec les sœurs, elle continue de plaisanter et de les faire rire.


Elle sait qu’elle va bientôt mourir. Un jour, elle dit :


- à ma mort, je me présenterai devant Dieu les mains vides. S’il rend à chacun selon ses mérites, Il sera bien embarrassé avec moi. Alors, il me rendra selon ses mérites à Lui !


Quelques jours avant de mourir, elle dit cette phrase devenue prophétique :


- je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre !


Le 30 septembre 1897, elle rend son dernier souffle, le regard sur une croix où est Jésus, juste après avoir dit ces dernières paroles :


- oh ! je l’aime… Mon Dieu, je vous aime...


Thérèse, c’était cette jeune fille apparemment ordinaire. La grandeur de sa sainteté est là, justement : dans la simplicité et la profondeur de son message d’amour, dans la légèreté de son cœur qui ne désespère jamais de ses propres faiblesses et qui a même appris à ne pas donner trop d’importance à ses défauts.


C’est parce qu’elle a trouvé le chemin vers le Ciel qu’elle appelle l’ascenseur :


- ce sont les bras de Jésus a-t-elle dit : il me porte lui-même, à condition que je reste bien petite, que je reste face à Dieu comme une enfant.


Voilà. C’est la fin de l’histoire de la vie de Thérèse que j’ai eu la joie de te raconter. Une histoire qui, en fait, ne finit pas, parce que Thérèse est très vivante et très présente dans le cœur de beaucoup de chrétiens dans le monde entier et particulièrement en France.


Une jeune femme qui aimait les roses à tel point que dans les tableaux et les statues qui la représentent, elle a toujours un bouquet de roses à la main. Alors quand tu entreras dans une église, cherche là un peu, tu vas certainement la trouver, car il y a des statues de Thérèse dans toutes les églises, pas loin de Saint Joseph, de Sainte Jeanne d’Arc et de la Vierge Marie.


J’espère que cette histoire t’a plue et qu’elle t’a donné envie de suivre un modèle aussi beau et aussi aimable que celui de Thérèse, une sainte qui est dans mon cœur tous les jours, c’est pourquoi j’ai été personnellement très heureuse de te raconter sa vie.


Avant de se quitter, je te donne rendez-vous pour un prochain épisode de Telio, le podcast qui raconte la vie des saints aux enfants. Car Telio, c’est un nouvel épisode deux fois par mois, une nouvelle histoire pour t’inspirer, t’accompagner et te faire rêver.


À bientôt !